Fichiers GPX : comment les utiliser sur ton GPS ou ton téléphone
- il y a 2 heures
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Tu as téléchargé un fichier GPX pour ta prochaine balade moto, mais tu ne sais pas quoi en faire ? Tu n'es pas le seul. Le GPX est le format universel de la navigation moto, mais personne ne t'explique vraiment comment ça marche. On t'explique tout, simplement.
C'est quoi un fichier GPX ?
Un fichier GPX (GPS Exchange Format), c'est tout simplement un fichier qui contient un tracé de route. Imagine une ligne dessinée sur une carte : c'est ça un GPX. Il contient les coordonnées GPS de chaque point du parcours, et ton GPS ou ton téléphone les relie pour te montrer le chemin à suivre.
C'est le format standard utilisé par la quasi-totalité des GPS moto (Garmin, TomTom, etc.) et des applications de navigation. Quand quelqu'un te partage un "itinéraire", c'est souvent sous forme de fichier GPX.

Trace ou waypoints : la différence qui change tout
C'est LE truc que personne n'explique clairement, et c'est pourtant la source de 90% des galères de navigation à moto. Un fichier GPX peut contenir deux choses très différentes :
Les waypoints (points de passage) : Ce sont des points isolés sur la carte. "Passe par ici, puis par là, puis par là." Ton GPS reçoit ces points et calcule lui-même la route entre chacun d'eux. Le problème ? Il va choisir le chemin qu'il estime le plus logique entre deux points. Et sa logique, c'est souvent la nationale ou l'autoroute, pas la petite route de col que tu voulais prendre. Résultat : tu te retrouves sur un itinéraire complètement différent de celui qui avait été prévu.
La trace (track) : C'est une ligne continue composée de centaines, voire de milliers de points GPS rapprochés. Ton GPS ne calcule rien : il suit la ligne point par point, exactement comme elle a été dessinée. Chaque virage, chaque détour, chaque petit chemin est respecté à la lettre.
Quelle est la meilleure solution ? La trace, sans hésitation. C'est la seule façon de garantir que tu suivras exactement l'itinéraire qui a été créé pour toi. Avec des waypoints, ton GPS interprète et prend des libertés. Avec une trace, il suit le chemin tel qu'il a été pensé.
En pratique, quand tu charges une trace sur ton GPS ou ton téléphone, tu verras une ligne dessinée sur la carte. Tu n'as qu'à la suivre. Si tu t'en écartes, ton GPS te le signale et tu peux facilement retrouver le tracé. C'est simple, fiable, et ça fonctionne même sans connexion internet.
Le seul inconvénient de la trace : si tu fais un arrêt imprévu ou un détour (essence, resto, pause), ton GPS ne va pas recalculer. Il continue d'afficher la trace originale. Mais ce n'est pas un problème : tu reprends la route et tu retrouves la ligne naturellement.

GPX vs itinéraire Google Maps : quelle différence ?
Tu te dis peut-être "pourquoi ne pas juste utiliser Google Maps ?" Bonne question. Google Maps peut éviter les autoroutes, oui. Mais même avec cette option, il te calcule toujours le trajet le plus efficace entre A et B. Il ne va pas te faire faire un détour de 30 km juste parce qu'il y a un col magnifique à côté.
Un fichier GPX, c'est différent : c'est un tracé dessiné à la main par quelqu'un qui connaît les routes. Chaque virage, chaque col, chaque point de vue a été choisi volontairement. C'est la différence entre un GPS qui t'emmène quelque part et un roadbook qui te fait vivre quelque chose.
Autre avantage majeur : un GPX fonctionne hors connexion. Pas besoin de réseau en pleine montagne. Ton GPS suit la trace même sans internet, là où Google Maps peut te lâcher.

Sur quel appareil utiliser un fichier GPX ?
Trois options principales :
Un GPS moto dédié comme les Garmin Zumo ou TomTom Rider. C'est le choix le plus fiable : étanche, lisible au soleil, fixé au guidon. Tu charges le fichier GPX dessus et c'est parti.
Ton smartphone avec une app de navigation. C'est l'option la plus accessible. Plusieurs apps lisent les fichiers GPX très bien : Kurviger, Calimoto, OsmAnd, ou encore MyRoute. L'avantage, c'est que tu as tout dans ta poche. L'inconvénient : il faut un support étanche et une batterie qui tient la route.
Une montre ou un compteur GPS. Moins courant en moto mais ça existe. On se concentre ici sur les deux premières options.

Comment charger un GPX sur un Garmin Zumo
C'est le GPS moto le plus répandu. Mais attention, il y a un piège : quand tu importes un fichier GPX qui contient à la fois une trace et des waypoints, le Garmin peut se caler sur les waypoints et recalculer la route entre chaque point. Résultat : il ne suit plus la trace prévue et t'envoie sur des routes différentes.
Voici comment faire pour qu'il suive bien la trace :
Connecte ton Garmin à ton ordinateur avec le câble USB. Il apparaît comme une clé USB. Ouvre le dossier du Garmin et copie ton fichier GPX dans le dossier "GPX" (ou "NewFiles" selon le modèle). Débranche le Garmin.
Sur l'appareil, va dans "Tracés" (pas dans "Planificateur de trajets" ni dans "Itinéraires"). C'est important : la section "Tracés" va suivre la ligne exacte du fichier. Les autres sections utilisent les waypoints et recalculent entre chaque point.
Sélectionne ton tracé et choisis "Suivre le tracé". Le Garmin va alors afficher la ligne sur la carte et te guider le long de cette ligne, sans recalculer.
Si tu ne trouves pas la section "Tracés", vérifie dans les paramètres de navigation que le mode "Tracés" est activé. Sur certains modèles Zumo, il faut aller dans Paramètres → Navigation → Tracés et activer l'option.

Comment charger un itinéraire sur un TomTom Rider
Le TomTom Rider utilise son propre format natif : le ITN. Quand tu lui donnes un fichier GPX, il va convertir les waypoints en points de passage et recalculer la route entre chaque point selon sa propre cartographie. La trace originale est ignorée. Résultat : l'itinéraire peut être complètement différent de ce qui était prévu.
C'est le gros point faible du TomTom pour suivre un tracé précis.
La meilleure solution : Importe le fichier GPX dans MyDrive (l'app web ou desktop de TomTom). MyDrive va te montrer l'itinéraire sur la carte. Vérifie que le tracé affiché correspond bien à ce que tu attends. Si le TomTom a recalculé certains passages, tu peux ajouter des points de passage intermédiaires dans MyDrive pour le forcer à passer par les bonnes routes. Synchronise ensuite avec ton TomTom Rider.
L'alternative : Certains motards utilisent leur TomTom Rider uniquement pour la carte et les alertes, et suivent la trace GPX sur leur smartphone avec une app dédiée (voir section suivante). C'est souvent plus fiable pour suivre un tracé exact.
Si un organisateur de voyage te fournit un fichier ITN en plus du GPX, privilégie toujours le ITN sur ton TomTom : il a normalement été optimisé pour que le TomTom reproduise fidèlement le tracé prévu.

Comment utiliser un GPX sur ton smartphone
C'est souvent la solution la plus simple pour suivre une trace exacte. Les apps smartphone lisent nativement les traces GPX sans les recalculer, contrairement aux GPS dédiés qui ont tendance à vouloir "corriger" l'itinéraire.
Kurviger (Android & iOS) : C'est l'app préférée des motards. Quand tu importes un GPX, elle te demande si tu veux suivre la trace ou les waypoints. Choisis toujours "Trace". L'app affiche la ligne exacte sur la carte et te guide le long de cette ligne. Affichage clair, lisible avec des gants. Version gratuite suffisante, version pro à quelques euros par an.
Calimoto (Android & iOS) : Même principe, interface très claire. À l'import du GPX, assure-toi de sélectionner le mode trace et non pas "itinéraire" (qui recalculerait via les waypoints). Un bon mode "routes sinueuses" qui privilégie les petites routes.
OsmAnd (Android & iOS) : Gratuite et open source. Moins jolie mais ultra fiable. Fonctionne 100% hors ligne. Va dans "Mes lieux" → "Traces" pour retrouver ton GPX importé. OsmAnd suit la trace sans recalculer, c'est son gros point fort.
Pour importer un GPX sur ton téléphone, c'est simple : tu reçois le fichier par email ou tu le télécharges, tu cliques dessus, et tu choisis "ouvrir avec" l'app de ton choix. L'itinéraire se charge automatiquement.
Important : Prévois un support étanche pour ton téléphone et un chargeur USB sur ta moto. Un GPS sur smartphone consomme beaucoup de batterie, surtout avec l'écran allumé pendant des heures.

Les erreurs à éviter
Importer en mode "waypoints" au lieu de "trace". C'est L'ERREUR numéro 1. Un fichier GPX peut contenir deux choses : une trace (la ligne exacte à suivre) et des waypoints (des points de passage). Si ton GPS se cale sur les waypoints, il va recalculer la route entre chaque point selon sa propre logique et te faire passer par des routes complètement différentes. Sur Garmin, utilise toujours la section "Tracés". Sur smartphone, choisis toujours "suivre la trace".
Laisser le recalcul automatique activé. Même en mode trace, certains GPS essaient de "corriger" quand tu t'écartes du tracé. Désactive le recalcul automatique dans les paramètres de navigation. Si tu rates un virage, fais demi-tour toi-même plutôt que de laisser le GPS te recalculer un autre chemin.
Ne pas vérifier l'itinéraire avant de partir. Ouvre le GPX sur ton ordinateur ou ton téléphone la veille. Regarde si le tracé a du sens, s'il n'y a pas de passages bizarres. Sur TomTom particulièrement, vérifie dans MyDrive que le tracé affiché correspond bien à l'original.
Oublier de charger la batterie. Si tu roules avec ton smartphone, prévois un chargeur USB sur ta moto. Un GPS sur téléphone consomme énormément de batterie, surtout avec l'écran allumé pendant des heures.
Ne pas télécharger les cartes hors ligne. En montagne, le réseau 4G est souvent inexistant. Télécharge les cartes de ta région de voyage en avance dans ton app (Kurviger, OsmAnd, etc.). La trace GPX fonctionne hors ligne, mais sans carte téléchargée tu verras juste une ligne sur un fond blanc.

Les formats de fichiers GPS : GPX, ITN, KML... c'est quoi la différence ?
Tu vas parfois voir plusieurs formats proposés. Voici un résumé simple :
GPX : Le format universel. Fonctionne sur quasi tout : Garmin, apps smartphone, logiciels de cartographie. C'est celui que tu veux dans 90% des cas.
ITN : Le format natif TomTom. Si tu as un TomTom Rider, c'est CE format qu'il te faut. Un GPX importé sur un TomTom risque d'être recalculé et de ne plus correspondre au tracé original. L'ITN respecte les points de passage et donne un résultat beaucoup plus fidèle.
KML : Le format Google Earth. Pratique pour visualiser un tracé sur ordinateur avant de partir, mais pas adapté à la navigation en temps réel sur un GPS moto.
FIT : Le format Garmin pour les activités sportives (enregistrement de parcours). Moins utilisé pour la navigation moto, plutôt pour analyser un trajet après coup.
L'idéal, c'est d'avoir accès à plusieurs formats pour pouvoir choisir celui qui correspond à ton appareil.

Et si ton GPS était configuré automatiquement ?
Chez OldiBike, on sait que la config du GPS c'est souvent le moment où ça coince. C'est pour ça que tous nos voyages incluent les fichiers de navigation dans tous les formats : GPX, ITN, KML, adaptés à ton appareil.
Mais on va encore plus loin. Notre roadbook digital inclut un assistant GPS intelligent : tu entres la marque et le modèle de ton GPS, et l'assistant te guide pas à pas pour le configurer correctement. Plus besoin de chercher sur YouTube comment transférer un fichier sur ton Zumo.
Et le jour J, tu ouvres ton roadbook sur ton téléphone, tu lances le GPX du jour, et tu roules. C'est tout.




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